| Les systèmes de retraite modernes trouvent tous leur origine dans deux modèles fondateurs : le modèle bismarckien basé sur le principe de l’assurance et le modèle béveridgien basé sur le principe de la solidarité.
C’est le chancelier Bismarck, qui en 1889 introduit en Allemagne l’assurance retraite obligatoire, qui couvre toutes les catégories professionnelles. Alimentée par des cotisations calculées sur le revenu professionnel, elle se fixe comme objectif de garantir, du moins partiellement, le maintien de ce revenu après la cessation d’activité.
Le rapport Beveridge de novembre 1942 sert à la mise en place d’un système de retraite obligatoire au Royaume-Uni, alimenté par l’impôt et des cotisations assises sur le revenu.
Ce système repose sur 3 principes fondamentaux – les 3 U - :
- Universalité : il couvre tous les résidents,
- Uniformité : il verse à tous des prestations identiques en contrepartie des mêmes cotisations,
- Unité : il est le même pour tous et relève de l’autorité publique.
Cependant, les régimes modernes peuvent difficilement être classés dans l’une ou l’autre des catégories. Ils sont essentiellement hybrides.
Très tôt, la question du caractère obligatoire des régimes de retraite a agité les milieux politiques et économiques dans les différents pays européens, qui ont tous fini par trancher en sa faveur.
En France, c’est en 1910 que cette obligation a été imposée par la Loi, alors qu’en Allemagne, elle remonte à 1889.
Un système de retraite obligatoire remplit trois fonctions difficilement gérables à l’échelle de l’individu. Il s'agit d'une part du report d’une partie du revenu perçu pendant la période d’activité, sur la période de retraite. Bien que ce résultat puisse être atteint à travers une épargne individuelle, celle-ci comporte un ensemble de risques que peu d’individus peuvent maîtriser.
D'autre part, le régime de retraite sert des pensions viagères, jusqu’au décès des retraités. Si à l’échelle individuelle la date du décès reste aléatoire, au plan collectif, l’espérance de vie d’un groupe est connue avec une relative exactitude, ce qui permet au système de retraite de mutualiser le risque viager.
En fin, tous les régimes de retraite opèrent peu ou prou, une redistribution des revenus. Les champions en la matière, sont les régimes forfaitaires, qui servent une pension identique à tous les retraités, quelles que soient les cotisations versées. Ces régimes sont dits non-contributifs par opposition aux régimes contributifs qui garantissent une proportionnalité entre les cotisations versées et les prestations perçues.
Cependant, les régimes de retraite sont rarement d’un type ou de l’autre en totalité : au montant servi au taux plein d’un régime forfaitaire, peuvent être appliquées des réductions en fonction de la durée de cotisation, alors qu’un régime contributif peut comporter une pension minimum, qui est servie lorsque les droits acquis sont en dessous d’un certain niveau.
En marge de la Caravane de la retraite, Khalid CHEDDADI, Président Directeur Général de la CIMR, signe une série d'articles de fond sur l'économie de la retraite dans le monde
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